Steve Jobs : zen et efficace?

SteveJobsTriste. Le jour de sa mort, j’ai été vraiment affecté. J’admirais ce visionnaire qui arrivait à promouvoir la simplicité dans la technologie avec tant d’apparente facilité. À la lecture de sa biographie, il est apparu une fois encore que la part émergée de l’iceberg cache une complexité toujours surprenante. L’homme avait de nombreuses facettes, une personnalité complexe et compliquée et un mal de vivre.

AngoisséC’est frappant comme Steve Jobs a recherché le zen, la plénitude, la paix intérieure toute sa vie. Il a pour cela expérimenté tout ce que l’on peut imaginer: les drogues les plus diverses, les régimes alimentaires stricts, les longues longues promenades. À la lecture de ce livre, j’ai ressenti que Steve Jobs avait de la difficulté à trouver sa place dans le monde et une peur constante d’être rejeté.

Pas équilibré. Pas de balance de vie. Adopté à la naissance, il deviendra un adulte rebelle, n’assumant pas toujours ses actes, ce qui lui vaudra d’attendre 2 ans avant de reconnaître sa première fille, Lisa. À la fois tyrannique et fragile, ce bourreau de travail fera toujours fait passer son travail et sa passion avant sa famille. Il avait un tempérament colérique. Ses colères pouvaient être spectaculaires et le pousser jusqu’aux larmes.

Extrême. Cofondateur d’Apple, il se fera virer de sa propre société, car il était ingérable. Passionné par l’innovation, il ne s’entourait que des meilleurs, qu’il traitait comme les derniers des imbéciles sans importance et il les poussait dans leurs dernières limites, sans tenir compte de leurs états d’âme ou de leur fatigue. Et cela marchait: il arrivait souvent à obtenir «l’impossible» de leur part. Pour lui, tout était ou blanc ou noir. Sans nuance. Soit vous étiez géniaux, soit vous faisiez de la merde. Il pouvait vouer une véritable haine aux acteurs du domaine qu’il ne respectait pas. Il recherchait tellement la perfection et la simplification qu’il pouvait décider de tout changer au dernier moment avant le lancement d’un produit, ou qu’il se trouvait incapable de meubler sa maison, faute de trouver les «bons» meubles.

Déconnecté. Ce livre met souvent en avant le champ de distorsion de la réalité dont faisait preuve Steve Jobs. Il pouvait qualifier l’idée d’un collaborateur de merdique et revenir lui expliquer une semaine après la magnifique idée que lui, Steve Jobs, avait eu en expliquant à l’employé son idée refoulée quelques jours plus tôt. Il tannera de même plusieurs approches plus ou moins ésotériques pour soigner son cancer. Approches qui lui auront peut-être couté la vie (je pense que si le jus de carotte soignait du cancer, on le saurait…)

Visionnaire. Cet homme sera rappelé à la tête d’Apple 12 après son licenciement, car il était le seul à pouvoir sauver l’entreprise au bord de la faillite. Il en fera la société de tous les superlatifs. Car avant tout, Steve Jobs était un visionnaire comme on en fait peu. Sûr de lui et de ses choix (même lorsqu’il se trompait) il a révolutionné plusieurs industries (musique, informatique, téléphonie, l’approche des magasins) et créé de nouveaux marchés (les tablettes). Jobs a vécu sa vie comme s’il n’était pas soumis aux mêmes règles que le reste du monde, de cette philosophie de vie est né le célèbre slogan d’Apple: «Think different» («Penser différent»).

Votre bibliothèque. Cette lecture était très enrichissante pour moi. Steve Jobs sur la fin de sa vie semble avoir regretté beaucoup de choses. Il aura eu l’intelligence de donner carte blanche à son biographe pour que ce livre soit le reflet fidèle de la réalité, aussi peu glorieuse est-elle par certains aspects. Était-il un des grands génies de notre siècle? Indubitablement. A-t-il été heureux dans sa vie? Parfois, peut-être. Voudrais-je lui ressembler, calquer ma vie sur la sienne? Pas une seule seconde. Je pense même qu’il me serait difficile de trouver modèle plus éloigné de ma philosophie de vie que la sienne.

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