Jouez avec l’espace pour travailler efficacement

Cet article invité a été écrit par Julien du site Leader & Blogueur

Dans cet article, découvrez comment travailler efficacement afin d’atteindre des résultats que vous n’avez jamais obtenus avant. En gérant vos tentations et en agissant plus rapidement.

Cliché?

C’est ce que je fais depuis maintenant plusieurs années et les résultats me poussent à continuer dans cette direction (j’écris ce que j’ai fait sur ma page à propos).

Énoncé N°1: Quand vous cherchez à produire un résultat, vous allez être tenté d’abandonner (1)

Parce que lorsque vous cherchez à travailler efficacement pour transformer vos idées en éléments palpables (un diplôme, un corps en bonne santé, un blog, une entreprise, une maison, un salaire) il y aura forcément des éléments du système (2) qui vous entoure, qui feront de la résistance. Mais il y aura également votre propre fonctionnement qui fera de la résistance.

Il n’y a donc pas de pilule magique sauf si…

Énoncé N°2: Nous sommes cablés pour tirer et ensuite réfléchir.

pistorius

Si nous avons survécu jusqu’ici, c’est notamment à cet instinct de survie qui nous fait réagir (3)

Un camion vous fonce dessus > vous sauter hors de la route puis regarder ce qui se trouvait dans le ravin.
Une personne vous attaque > vous prenez vos jambes à votre coup.
Une personne vous insulte à l’une de vos conférences > vous êtes bloqué et ne savez quoi répondre.

C’est bien connu, nous sommes programmés à réagir selon 3 comportements inscrits dans nos gènes: la fuite, le combat ou le choc (paralysie) (4).

Pour bien saisir de quoi je parle, il faut comprendre que nous avons 2 systèmes en nous qui nous permettent de gérer un stimulus externe (et interne).

La voie courte qui vous fait réagir > Vous avez une réaction de peur > vous sautez dans le ravin.

La voie longue qui vous donne un sentiment de peur (joie, dégoût, tentation) > vous analysez la situation > vous agissez.

Être capable d’utiliser la voie longue (plus souvent) s’entraîne. Si vous vous demandez depuis longtemps comment travailler efficacement, alors pensez plus souvent à la voie longue. Mais ce n’est pas tout..

Énoncé N°3: Plus vous vous entraînez plus c’est facile.

Plus vous pratiquez, plus vous vous préparez face à une situation et plus cette situation devient facile à gérer. Car le cerveau renforce les circuits utilisés à l’interne (neuroplasticité).

C’est à vous d’ajouter des défis pour ne pas tomber dans l’ennui. J’explique souvent qu’il faut être son propre bourreau pour avancer plus vite que les autres.

Un soldat s’entraîne à analyser rapidement la situation lorsque les bombes commencent à pleuvoir > puis à agir.

Un ambulancier s’entraine à analyser comment une artère est perforée > puis à agir.

Un banquier agit face à un braqueur et profite d’un moment d’inattention pour alerter la police.

Ces personnes ont été entrainées à gérer leurs manières d’agir face à un stimulus émotionnel. Ceci afin d’utiliser le chemin long plus souvent.

Le fait de s’entraîner ne supprime pas l’émotion provoquée par le stimulus externe initial. S’entrainer permet uniquement de l’analyser puis d’agir différemment que notre arrière-arrière- arrière-grand-père Cro-Magnon.

Ces personnes savent que réagir en écoutant leurs émotions n’est pas le comportement optimal pour poursuivre leur mission. Ils savent que pour produire le résultat que l’on attend d’eux, ils ne doivent pas réagir à leurs tentations. Ils doivent les analyser puis agir en gardant en tête l’objectif.

Mais pour aller à l’encontre d’une tentation, il n’y a pas de pilules magiques. À moins que…

Mais Julien, je ne vois pas le lien avec l’article « comment travailler efficacement » et surtout à quoi cela me va me servir pour mieux atteindre mes objectifs?

Disons que pour atteindre un objectif, il faut de la discipline. Car l’efficacité c’est surtout savoir dire non. Dire non aux autres, mais surtout se dire non à soi-même. Et l’ennemi de la discipline et de l’organisation personnelle, ce sont les tentations.

Avant de pouvoir agir facilement face à certaines tentations (et le monde devient de plus en plus tentant… au fur et à mesure que la technologie se développe) vous allez devoir vous entraîner. Parfois, vous réagirez et parfois agirez. Ce ratio changera avec la pratique.

Quand les gens me voient bouffer mon morceau de brocoli et mon tiers de carotte au repas de midi, alors qu’ils sont en train de s’engloutir un repas de roi, ils ne savent pas comment je fais.

Quand Elisa se lève à 05h30 pour pisser et que je suis déjà en train de taper sur mon clavier (cet article justement) elle grogne et se demande comment je fais.

Lorsque je rentre le soir et que le ventre vide, je vais me faire un entraînement, les gens ne savent pas comment je fais.

Mais est-ce que tous les gens pensent cela de moi? Non, les personnes qui comprennent la différence entre les deux voies utilisées par notre système pour gérer les stimulus externes trouvent mes comportements normaux.

Nous sommes tous câblés à vouloir réagir aux tentations et à nos envies. La différence entre ceux qui sont autodisciplinés et les autres réside dans le fait de réagir ou d’agir. Plus vous utilisez le chemin long face au stimulus externe et plus vous produirez rapidement. Moins vous serez sensible à la distraction, à l’ennui, au stress, etc.

Mais comment passer de la voie courte à la voie longue?

La différence réside dans l’espace et la régularité.

Peut-être que vous vous demandez où je veux en venir… mais continuez, le plus utile pour vous arrive

Plus l’espace entre la perception d’une tentation / envie et l’action pour l’assouvir est court, moins j’offre de répit à ma logique pour reprendre le dessus afin de faire ce que je dois faire. Souvenez- vous: on agit d’abord émotionnellement puis rationnellement. Les objectifs que l’on se fixe sont plus liés à notre partie rationnelle.

Plus l’espace entre un stimulus et mon comportement A ou mon comportement B est court et plus je risque de m’emballer et de court-circuiter l’analyse rationnelle.

stimulus 2 choix

Exemples:

Elisa a acheté des glaces. Elle n’a pas résisté à la tentation offerte par le supermarché, car l’espace entre le moment où elle a vu les glaces et le moment où elle les dépose dans son panier est court (quelques secondes).

Donc entre le moment où elle sort du magasin et rentre à la maison, sa logique reprend le dessus « Bon Elisa, ces glaces c’est pour les occasions ».

Elle rentre à la maison et place les glaces dans le congélateur du frigo. Celui qui se trouve dans notre colocation. Là, elle me voit et me dit « Julien, je vais aller ranger les glaces à la cave, comme ça j’en mangerai moins ».

Une semaine après les glaces n’étaient ni dans le congélateur de la cave ni dans celui du frigo. La stratégie était bonne, l’action n’a pas suivi.

Vous voyez où je veux en venir?

Si vous souhaitez éviter de regarder la TV, éloignez la télécommande, retirez les piles, etc. Agrandissez l’espace.

Si vous voulez arrêter les bonbons, n’en achetez plus. L’espace entre votre canapé et le magasin risque de freiner votre envie. Agrandissez l’espace.

Si vous voulez cesser de regarder vos réseaux sociaux 112 fois par jour, supprimez les icônes de l’écran d’accueil, ou achetez-vous un vieux téléphone + PC portable dans votre sac à dos. Agrandissez l’espace.

L’inverse fonctionne aussi dans le cas où vous souhaitez faire quelque chose plus souvent:

Vous souhaitez boire plus d’eau > placez plusieurs bouteilles dans votre appartement, sur votre poste de travail, etc. Réduisez l’espace.

Vous souhaitez faire plus de sport? > Placez vos chaussures de sport là où vous rangez vos chaussures de jour. Réduisez l’espace.

Vous souhaitez vous lever plus tôt? Augmenter l’espace entre votre réveil et votre lit.

Vous souhaitez que vos enfants lisent plus? Dispersez des livres dans la maison (en plus ils croiront que l’idée vient d’eux). Réduisez l’espace.

Une expérience (6) de chez Google pour illustrer mes propos

La dernière expérience concerne Google. Jusqu’en 2006, les employés pouvaient se servir à volonté de M&Ms disposés dans des bocaux transparents.

Les RH ont voulu changer ce comportement néfaste pour leur employé, mais très tentant (le sucre est 8 fois plus addictif que la cocaïne (4)). Ils ont donc placé les M&Ms dans des bocaux opaques fermés et mis des figues et des dattes séchées dans les bocaux transparents.

Résultat? En 7 semaines, les employés ont consommé 3.1 millions de calories en moins. BOOM.

Jusqu’ici, vous avez découvert que pour résister à des tentations afin de produire un résultat, il faut jouer avec l’espace qui se trouve entre un déclencheur (stimulus externe / interne) et votre comportement.

  • Favoriser un comportement = Réduire l’espace
  • Éviter un comportement = Augmenter l’espace

À présent, parlons de la régularité.

Plus votre entraînement est régulier (et fait avec concentration) et plus cela devient facile d’analyser rapidement une situation. C’est-à-dire que plus vous vous entraînez (le drill) et moins vous avez besoin d’espace pour analyser et agir, plutôt que réagir.

Exemple: si un fou se fait sauter le melon en bas de chez vous, il vous faudra peut-être 2-3 minutes pour sortir de derrière votre mur afin d’appeler des secours.

Le soldat entrainé sur le trottoir d’en face aura peut-être besoin de 5 secondes pour comprendre ce qui lui arrive > puis agir.

Julien, tu me parles d’exemples que j’ai de la peine à transposer à mon environnement professionnel… tu le sais?

Oui, prenons l’exemple connu de l’icône Outlook qui vient vous annoncer l’arrivée d’un mail lorsque vous bossez (si vous n’avez pas supprimé cette alerte), une personne qui n’est pas disciplinée / entrainée à ne pas constamment couper son effort pour relever ses emails, ira directement lire son email, et ceci à chaque fois qu’un email arrive (ce qui fait un sacré nombre par jour… )

Une personne entrainée percevra le stimulus, mais se replongera dans la seconde dans son travail (d’où l’importance de complètement virer certains stimulus…)

Plus vous vous entraînez à faire quelque chose, plus cela devient facile. Mais l’émotion / tentation provoquée par un stimulus externe ne disparaît jamais, elle devient simplement plus facile à gérer. Cette phrase devrait vous inciter à ne jamais baisser la garde 😉

Lorsque vous implémenter une nouvelle manière de faire, coller au processus est plus important que les résultats qu’il vous apporteront. Si vous changez votre routine matinale, agrandissez l’espace entre votre bras et le réveil (pour augmenter les chances de vous lever du premier coup) et félicitez-vous lorsque vous collez au nouveau processus.

Évidemment, l’Humain est complexe et vouloir résoudre le cas de la tentation / envie en un article me semble bien utopiste.

Il existe d’autres stratégies pour réussir à PRODUIRE UN RÉSULTAT et éviter de succomber aux tentations. Chaque situation est différente (approche systémique). Mais voici quelques pistes que j’aborderai probablement dans la newsletter…

  1. Supprimer le déclencheur (vous enlever les notifications de vos applications plutôt que de placer les icônes ailleurs)
  2. Vous remplacez la routine en conservant la récompense recherchée.
  3. Se dégoûter de la tentation (stratégie paradoxale).

À présent un résumé pour vous permettre de passer à l’action rapidement…

Nous sommes émotionnels puis rationnels.

2 systèmes cohabitent en nous.

Le premier système dit emprunte un chemin court. Face à une tentation > il réagit.

Le deuxième système emprunte le chemin long. Face à une tentation > il analyse puis agit (souvent en se basant sur des éléments plus rationnels)

Afin de travailler efficacement, il existe 2 manières complémentaires de vous entraîner pour agir face aux tentations et envies.

  1. Plus l’espace entre une tentation et son assouvissement est grand, plus vous laissez la possibilité à votre logique de reprendre le dessus. Jouez avec l’espace.
  2. Plus vous vous entraînez régulièrement à reproduire un comportement perçu comme difficile, plus votre cerveau créera les connexions pour le rendre un peu plus facile au prochain essai. Vous pourrez donc analyser et agir dans un espace plus court.

Et peut-être le plus important d’entre tous > ce n’est pas parce que vous vous entrainez que les stimulus externes vous laisseront de marbre. Vous les ressentirez toujours. Vous les ferez juste passer plus souvent par la voie longue.

J’éprouve parfois des difficultés à me lever plus tôt (5h), mais je le fais quand même.

L’organisation, l’efficacité et l’efficience, ce n’est rien d’autre que de la connaissance de soi.

Merci pour votre attention.

Sources

(1) The Dip – Seth Godin
(2) article systémique
(3) Neurocombat p 10
(4) The End of Stress p 85
(5) http://www.nydailynews.com/life-style/health/white-poison-danger-sugar-beat-article-1.1605232 (6) http://newsfeed.time.com/2013/09/03/google-study-gets-employees-to-stop-eating-so-many- mms/