La gestion du changement est obligatoire pour survivre

Le monde change en permanence et de plus en plus vite. Pourquoi certaines personnes s’accrochent-elles à ce qui ne fonctionne objectivement plus? Et si on n’avait là un blocage commun, mais puissant sur la gestion du changement?

Le blocage de la toute-puissance

J’ai été peiné récemment par la résistance dont font preuve certains en voyant leur modèle de vie devenir obsolète. Peiné, mais malheureusement pas surpris, car la gestion du changement a toujours été un problème.

Il y a 10 ans l’industrie de la musique a négligé de considérer le partage en ligne et en a énormément souffert. Hollywood et l’industrie du cinéma souffrent actuellement du même syndrome alors que des Netflix émergent en proposant de nouveaux modèles, qui reflètent l’air du temps et trouvent leur public en quelques mois seulement.

Plus récemment, ce sont les taxis qui s’insurgent contre un nouveau modèle de service (UBER) qui leur ferait de la concurrence déloyale.

Ces exemples ont en commun d’avoir a un moment donné été tout puissants et de ne pas vouloir perdre cette toute-puissance.

Les dinosaures de l’entreprise

Un autre type de bloqués se trouve dans le monde du travail à un niveau individuel. Ces travailleurs, je les appelle des dinosaures. Le dinosaure a souvent plus de 50 ans, même si tous les quinquagénaires ne sont de loin pas des dinosaures et que certains dinosaures sont étonnamment parfois très jeunes.

Ancrés dans une routine confortable, ils clament haut et fort que cela fait 10, 20 ou 30 ans que l’on fait comme cela et qu’on ne va pas changer maintenant: cela a toujours fonctionné et blabla et blabla.

La gestion du changement pour eux sonne comme de l’ésotérisme chamanique.

Si vous essayez de les raisonner, ils peuvent même s’énerver. Les plus vieux d’entre eux sortiront la carte de l’expérience pour prouver par A+B que vous ne savez pas de quoi vous parlez.

Ces dinosaures ont cessé d’être hautement productifs il y a longtemps déjà et ils s’accrochent tellement à leur «expertise» qu’ils travaillent très fort la rétention d’information pour conserver l’illusion d’être indispensable. Bref, ils deviennent dangereux pour l’entreprise du 21e siècle.

Pour les tout-puissants comme pour les dinosaures, la gestion du changement suit toujours le même processus. D’abord, on se plaint. Beaucoup, et de plus en plus fort. Pourtant se plaindre ne sert à rien. Et lorsqu’ils le constatent, ils passent dans une 2e phase qui est de protester à renfort de projets de lois vouées à l’échec ou de manifestations publiques où ils serinent un seul slogan: «Pas content! Pas content!»

L’adaptation, le changement et la réflexion sur comment se réinventer viennent après, bien après. Parfois trop tard.

Le monde change.

Voici une vérité: le monde change, nous devons nous adapter. Du moins, si nous souhaitons survivre.

IL n’est pas nécessaire de comprendre comment change le monde, mais il change de plus en plus vite. En 1996, je crois, nous avons cartographié les 97 % restant de génome humain alors qu’il avait fallu plus d’un siècle pour faire les 3 premiers pour cent.

Larry Page (cofondateur de Google) indiquait il y a quelque temps que l’humanité avait mis 1800 ans pour produire cinq Exaoctets de données (entre les peintures sur les grottes des cavernes et 2003). En 2013, cette même humanité mettait moins de 10 minutes pour produire autant.

Chaque seconde, 100 heures de vidéos sont téléchargées sur YouTube.

On pourrait trouver des exemples à profusion. Le monde qu’ont connu nos parents est déjà bien révolu et il nous faut rester accroché pour comprendre celui dans lequel nos enfants vont évoluer.

Le truc pour gérer le changement

Vous l’aurez compris, on se doit de changer, de s’adapter. Constamment. Encore et toujours.

Et pour faire cela, il n’y a pour moi pas de secret: il faut accepter de sortir de sa zone de confort. En fait, je recommande même de rechercher l’inconfort. Ou encore de devenir confortable dans l’inconfort. Pour ma part, je chercher toujours de nouvelles choses qui me mettent un peu la boule au ventre: travailler en anglais, donner des conférences, écrire des articles… Et une fois que j’ai réussi à être confortable dans ces nouvelles activités, je tâche de les améliorer en cherchant à sortir de ma zone de confort et retrouver cette sensation légère et stimulante d’inconfort.

Certains pour s’entrainer à gérer l’inconfort se mettent le défi de prendre une douche froide tous les matins. Au-delà de l’aspect comique de l’idée, être capable au lever de prendre une douche froide est très difficile. C’est clairement inconfortable. Alors si vous y arrivez vous serez capable de gérer mieux les situations nouvelles et potentiellement stressantes.

Et pour changer, vous devrez également éviter le syndrome de la toute-puissance décrite en début d’article. Ce qui fonctionnait bien pour vous avant ne fonctionne peut-être plus, ou moins bien. Il est temps alors de changer. Acceptez-le et avancez. Acceptez de laisser le passé au passé et de regarder vers le futur en rentabilisant le moment présent. Vous serez alors capable de vous réinventer encore et toujours et ainsi d’avancer.

Et de vivre pleinement.

Pour aller plus loin

Si la gestion du changement vous fait peur, ou si vous devez l’appliquer à un projet, une équipe, une entreprise, votre famille… Je vous recommande le livre «Alerte sur la banquise». Ce livre parle d’une colonie de pingouins dont l’iceberg est en train de fondre. Mais seul un pingouin s’en rend compte. Il va devoir convaincre les autres de changer de maison (eux qui ont toujours vécu ici et n’imaginent même pas possible qu’un iceberg fonde). Une fois convaincu, il va devoir les aider à gérer le changement.

Vous y apprendrez:Gestion-du-changement

  • Comment comprendre qu’un changement est nécessaire.
  • Le plan en 8 étapes pour gérer un changement avec succès.
  • Comment gérer les différents types de réactions face au changement

Change le monde